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1. Mieux comprendre les mécanismes du stress chronique pour mieux le prévenir

Dernière mise à jour : 29 oct. 2023

1er article du dossier "comprendre les mécanismes du stress chronique, pour mieux le prévenir et agir"


Le stress, élément incontournable de notre vie, indispensable à court terme mais dangereux quand il se prolonge.


Le stress un concept nouveau ?

Pas vraiment…


Le concept de stress et de syndrome général d’adaptation apparait en 1925, alors qu’Hans Selye, endocrinologue, étudie la médecine à l’Université de Prague. Il définit le stress comme l’ensemble des moyens physiologiques et psychologiques mis en œuvre par une personne pour s’adapter à un événement donné.



Poursuivant ses recherches, il développe le concept d’« Eustress ».


Ce terme inventé se compose de deux parties : le préfixe « eu », vient du mot grec qui signifie « bien » ou « bon ». Accolé au mot stress, il signifie littéralement « bon stress ».


Hans Selye montre finalement que le phénomène de stress est un dispositif de vigilance salvatrice et que la sur-vigilance est dommageable lorsque la quantité de demandes dépasse la capacité de réponse du sujet.


Le stress peut être défini comme une réaction de l’organisme face à toute demande de changement ou d’adaptation. C’est une réponse naturelle, instinctive, qui a pour but initial de nous aider à réagir face à des situations potentiellement dangereuses ou difficiles.

Il s’agit d’un phénomène complexe impliquant à la fois notre corps et notre esprit. En réalité, le stress n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est notre interprétation des situations stressantes et notre capacité à y faire face qui déterminent si le stress sera bénéfique ou néfaste pour nous.


Il faut en revanche différencier « stress aigu » et « stress chronique » qui ont des effets distincts sur la santé mais on y reviendra plus tard...


Un organisme est conçu pour être dans un état d’homéostasie (équilibre), où tous les systèmes de son corps fonctionnent de manière optimale. Le stress pousse l’organisme hors de l’homéostasie, le forçant à compenser les changements dans l’environnement ou au sein de ses systèmes internes.


C’est notre interprétation des situations stressantes et notre capacité à y faire face qui déterminent si le stress sera bénéfique ou néfaste pour nous.


L’un des exemples les plus facilement reconnaissables du lien entre le stress et l’homéostasie est la réponse surrénale, qui est observée chez les humains et de nombreux autres animaux.


Dans ce processus, un facteur de stress, tel que la peur provoquée par la présence d’un prédateur, provoque la libération d’adrénaline par le corps afin qu’il puisse échapper au danger et survivre. Le facteur de stress amène le corps à quitter un état d’homéostasie et à entrer dans un état de « combat ou fuite », dans lequel le cœur bat plus vite, la respiration s’accélère et les systèmes inutiles, tels que la digestion et la vision des couleurs, sont temporairement désactivés. Une fois que la menace n’est plus présente, le corps va se calmer et retourner à un état d’homéostasie.


Le stress peut être déclenché par une multitude de facteurs, appelés stresseurs.


Ces stresseurs peuvent être des événements de vie majeurs, tels que la perte d’un emploi, le décès d’un être cher, un déménagement, un divorce, ou des situations de la vie quotidienne, comme le surmenage au travail, le manque de sommeil, le bruit constant, les problèmes relationnels, les difficultés financières, etc.


Même des événements positifs, tels qu’une promotion, un mariage ou l’arrivée d’un nouvel enfant, peuvent déclencher une réaction de stress, car ils requièrent un certain niveau d’adaptation et de changement.


Enfin, il est important de noter que ce qui est stressant pour une personne peut ne pas l’être pour une autre, car la perception du stress est une expérience subjective.


Prenons l'exmple de Thomas et Alex à qui on confie 28 dossiers à gérer dans la semaine.


Chaque dossier requérant 3 heures de travail. Chacun des deux collègues va réagir différemment. Thomas va se mettre en situation de stress « je n’y arriverai jamais » tandis qu’Alex va rester très zen « ce n’est pas possible » (remarque inconcevable pour un burn-outé).


D'après l'Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au travail, le stress "survient lorsqu'il y a déséquilibre entre la perception qu'une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu'elle a de ses propres ressources pour y faire face ».


Il faut en revanche différencier « stress aigu » et « stress chronique » qui ont des effets distincts sur la santé.


L’état de stress aigu correspond aux réactions de notre organisme quand nous faisons face à une menace ou un enjeu ponctuel (prise de parole en public, changement de poste, situation inattendue…). Quand la situation prend fin, les symptômes de stress s’arrêtent peu après.


L’état de stress chronique est une réponse de notre organisme à une situation de stress qui s’installe dans la durée : tous les jours au travail, nous avons ainsi l’impression que ce que l’on nous demande dans le cadre professionnel excède nos capacités. Le stress chronique a toujours des effets néfastes sur la santé.



Phase 1 : Le stress aigu


Il correspond à l’alerte, la réaction réflexe de l’organisme. Le cerveau passe en mode « réflexe » et le cortex préfrontal, zone qui analyse les données et gère les décisions, n’est plus prioritaire. Le corps est préparé à l’action via le système nerveux sympathique :

· Une hormone, appelée noradrénaline, stimule les organes (cœur, vaisseaux, muscles, etc.) ;

· Les glandes surrénales libèrent de l’adrénaline ;

· Les rythmes respiratoire et cardiaque s’accélèrent pour mieux oxygéner les organes. Les bronches et les pupilles se dilatent. La transpiration augmente.


Phase 2 : La résistance

L’organisme se mobilise pour répondre à la première phase :

· Le système nerveux parasympathique calme le rythme cardiaque. Le rythme respiratoire diminue la tension artérielle ;

· L’hypothalamus, située dans le cerveau, produit de la corticolibérine qui stimule la sécrétion d’hormone corticotrope par l’hypophyse ;

· L’hypophyse est transportée par voie sanguine jusqu’à la glande corticosurrénale. Elle permet ainsi la production de cortisol qui régule le métabolisme et maintient l’homéostasie.


Phase 3 : L’épuisement

Si la phase de résistance se prolonge trop longtemps, le stress devient alors un stress chronique. Et il prend alors une dimension pathologique.

· Le cortisol sature le cerveau et il n’y a plus de contrôle de la réaction du stress

· Les récepteurs du système nerveux central deviennent moins sensibles aux glucocorticoïdes (cortisol et cortisone), dont le taux augmente dans le sang ;

· Des effets nocifs apparaissent sur le cerveau et les organes : maladies cardiovasculaires, pathologies digestives, troubles musculosquelettiques (TMS), impact sur la santé mentale (perte de sommeil, troubles de l’humeur, dépression) 


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