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L'activité physique : moyen thérapeutique pour les troubles anxieux et la dépression


L'activité physique : un must en prévention comme en soins de la dépression et de l'anxiété

La lutte contre la sédentarité est devenue une réelle question de santé publique. Selon l'OMS, la population pratiquant une activité physique a une meilleure santé physique et mentale, les deux étant fortement liées. Et pour cause....

Utilisée dans les cliniques de médecine psychosomatique depuis plus de 30 ans en Allemagne, les avantages de la pratique de l’activité physique sont maintenant reconnus tant du point de vue physiologique que du point de vue psychologique pour apporter une importante réduction des états dépressifs et anxieux.

Aujourd'hui, l'activité physique est considérée comme un moyen thérapeutique à part entière [1] comme en phase préventive [2].

(Voir notre article sur le plan National thérapeutique Sport-santé)

Les bénéfices de l’exercice physique peuvent s’expliquer par des processus physiologiques, biochimiques et psychologiques. (voir notre article).

Qu'entend-on par activité physique ?

L'activité physique comprend tous les mouvements produits par les muscles, dès qu’il se produit une dépense énergétique. "Ainsi on compte comme activité physique non seulement l’exercice et le sport mais toute activité de loisir et même des travaux au foyer" [3].

On différencie 3 types d'activité :

* l’ activité physique aérobie est d’intensité modérée et peut se maintenir longtemps (par exemple : nager, se promener, marcher, pratiquer du Pilates, du renforcement musculaire),

* l’ activité physique anaérobie qui inclut les activités d’intensité élevée, pendant une période très courte (par exemple : faire un sprint, sauter à la corde) [4].

* les activités psychocoporelles qui font intervenir le corps, la respiration, l'intention et la concentration (par exemple : la relaxation dynamique en sophrologie, le Qi Gong, le Yoga)

Quelle activité physique/psychocorporelle est recommandée pour les troubles anxieux ?

L’exercice aérobie d’intensité élevée apparait plus efficace que l’exercice aérobie d’intensité légère dans la réduction de l’anxiété [5]. Ainsi la marche soutenue s'avère très efficace.

Comment ça marche ?

L’activité aérobie réduit la sensibilité à l’anxiété, précurseur des troubles paniques (« panic disorders ») [5]. En effet, les personnes ayant une sensibilité élevée à l’anxiété amplifient et interprètent les sensations physiologiques ce qui contribue à augmenter les attaques de panique. "L’exercice qui produit des réponses physiologiques identiques à celles de l’anxiété (par exemple : fréquence cardiaque et respiratoire augmentées), provoque une habituation à ces stimuli et par conséquent une diminution de la peur associée."

"Les personnes pratiquant une activité physique régulière ont en fait les mêmes réponses initiales au stress [que celles qui ne pratiquent pas], mais récupèrent plus facilement" [7].

De même les activités psychocorporelles sont centrales dans l'accompagnement des troubles anxieux. Incluant des exercices respiratoires, de la relaxation musculaire et de la méditation, elles améliorent de façon significatives l'anxiété et la qualité du sommeil [6]. La sophrologie, le Qi Gong, le yoga sont des activités, qui, bien encadrées, s'avèrent très efficaces. (voir notre article à venir)

Quelle activité physique/psychocorporelle est recommandée pour les troubles dépressifs ?

Les études [8] nous montrent que les effets de l'activité physique sur la dépression sont très significatifs. En particulier, une revue de la littérature comportant 11 études longitudinales, 15 études randomisées et 3 méta-analyses, nous indique que l’activité physique a un effet bénéfique sur les états dépressifs [13]."

Les activités aérobies sont les plus impactantes. On observe qu'indépendamment de l’âge, du genre et de l’état de santé initial [9], l'effet de l'activité physique augmente quels que soient l'intensité de l'exercice aérobie et son intensité.

A défaut de programme complet et adapté, il apparait que les activités aérobie telles que la marche à bon rythme, la course à pied ont des effets supérieurs sur la dépression, par rapport aux activités mixtes (par exemple : football, volleyball, trampoline) ou à la relaxation[10].

Les activités psychocorporelles restent des alliées de taille notamment en permettant une meilleure intégration du schéma corporel [11].

Étude scientifique : le taux de rechute 2 fois inférieur en intégrant une thérapie de sport-santé.

Des études expérimentales [12] ont étudié l'impact de l’activité physique associée ou non à des formes plus traditionnelles de traitement de la dépression et ont observé des effets à long terme intéressants quand l'activité physique est pratiquée plusieurs fois par semaine.

Les auteurs ont ainsi testé 3 types de traitement chez des sujets âgés ayant un trouble dépressif :

- exercice-entraînement de résistance (par exemple marcher avec rythme ou courir 3 fois par semaine),

- traitement antidépresseur

- ou les 2 méthodes.

Après 16 semaines de traitement, ils ont noté une amélioration significative de la symptomatologie dépressive chez tous les sujets. En revanche, 10 mois après la fin du traitement, il semble que le taux de rechute soit moins important pour le groupe ayant suivi un programme d'activité physique adapté.

Où bénéficier d'un accompagnement thérapeutique en sport-santé ?

L'APGS asbl propose un programme d'activité physique et psychocorporelle thérapeutique au

Luxembourg. Ce programme est réservé aux personnes actuellement en situation de dépression légère à moyenne, burnout et troubles anxieux.

Ce programme vient en complément des soins médico-psychologiques dont la personne bénéficie à l'extérieur de l'asbl (en libéral, en hôpital de jour, en association spécialisée).

Encadré par du personnel spécifiquement formé (professeurs APA Universitaires), l'APGS asbl propose au travers du programme de Sport-santé "Résilience", six heures d'activité physique et psychocorporelle adaptée par semaine.

Pour en savoir plus....

APGS asbl est membre de Sport Santé - fédération des sports-santé du Luxembourg. A ce titre le programme de sport-santé "Résilience" de l'asbl est partiellement financé par le Ministère de la Santé du GD de Luxembourg. Ce programme est rendu possible grâce au soutien de la fondation Tremplin sous l'égide de la fondation du Luxembourg et d'Etika

Sources :

Article de référence - Extraits

La presse mediacale - Effet de l’activité physique sur l’anxiété et la dépression Margarida Gaspar De Matos (1), Luis Calmeiro (2), David Da Fonseca(3)

1. Psychologue, Faculté de Mouvement Humain, Université Tecnhique de Lisbonne, et Centre de Malaria et Maladies Tropicales, 1499 Lisbonne Cedex, Portugal

2. Division of sport and exercise sciences, University of Abertay Dundee, Dundee DD1 1HG, Royaume-Uni

3. Pédopsychiatrie, Hôpital Sainte-Marguerite, F-13274 Marseille Cedex 09, France

[1]

Biddle SJH, Mutrie N. Psychology of physical activity: determinants, well-being and interventions. London: Rutledge; 2001.

Buffone G. Exercise as a therapeutic adjunct. In: Silva J, Weinberg R, editors. Psychological Foundations of Sport. Champaign: Human Kinetics; 1984. p. 445-51.

O’Connor PJ, Raglin JS, Martinsen EW. Physical activity, anxiety and anxiety disorders. International Journal of Sport Psychology 2000;31:136-55.

Martinsen E. Therapeutic implications of exercise for clinically anxious and depressed patients. International Journal of Sport Psychology 1993;24:185-99.

[2]

Currie C, Smith R, Boyce W, Smith R. HBSC, a WHO cross national study: Research protocol for the 2001/2002 survey. Copenhagen:- WHO;2001.

Matos MG. Equipa do Projecto Aventura Social. A saúde dos adolescentes portugueses -Quatro anos depois. Lisboa: Edições FMH; 2003.

[3] Shephard R. Physical activity, fitness andhealth: The current consensus. Quest1995;47:288-303.

[4] Wilmore J, Costill D. Physiology of sport and exercise, Third edition, Champaign, IL: Human kinetics; 2006.

[5] Broman-Fulks JJ, Berman ME, Rabian BA, Webster MJ. Effects of aerobic exercise on anxiety sensitivity. Behaviour Research and Therapy 2004;42:125-36.

[6] Tsai S-L. Audio-visual relaxation training for anxiety, sleep, and relaxation among chinese adults with cardiac disease. Research in Nursing and Health 2004;27:458-68.

[7] Kirkaldy B, Shephard R. Therapeutic implications of exercise. International Journal of Sport Psychology 1990;21:165-84.

[8] Lawlor DA, Hopker SW. The effectiveness of exercise as an Intervention in the management of depression: systematic review and meta-regression analysis of randomised controlled trials. British Medical Journal 2001;322:763-6.

[9] Bosscher R. Running and mixed physical exercises with depressed psychiatric patients. International Journal of Sport Psychology 1993;2:170-84.

[10] Dunn AL, Trivedi MH, O’Neal HA. Physicalactivity dose-response effects of depression and anxiety. Medicine and Science in Sports and Exercise 2001;33(6, Suppl):S587-97.

[11] Michèle Declerck, L'Harmattan. Le schéma corporel et ses applications thérapeutiques : le corps à témoin - 1 mai 1999

[12] Babyak M, Blumenthal JA, Herman S, Khatri P, Doraiswamy M, Moore K. Exercise treatment for major depression: maintenance of therapeutic benefit at 10 months. Psychosomatic Medicine 2000;62:633-8. [12] Donaghy ME. Exercise can seriously improve your mental health: fact of fiction? Advances in Physiotherapy 2007;9:76-88.

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