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Dépression / anxiété : Comment l'activité physique agit

Mis à jour : janv. 27


Comme nous l'avons vu dans notre article précédent, l'activité physique est reconnue maintenant comme un moyen thérapeutique à part entière pour les troubles anxieux et la dépression au côté des autres moyens thérapeutiques (voir l'article).

Mais quel sont ses impacts ?

Des spécialistes (1,2,3) nous répondent : les actions de l'activité physique sur les troubles anxieux et dépressifs sont à la fois physiologique, biochimique et psychologiques.

L'effet physiologique de l'activité physique

On sait que une influence l'activité physique jour un rôle majeur sur l’humeur et l’anxiété.

(voir notre article).

VRAI OU FAUX ?

L’augmentation des endorphines qui circulent durant une activité physique a une action médiatrice sur les effets psychologiques : elle permet la régulation des émotions et et joue un rôle dans la perception de la douleur.

Faux : "cette hypothèse reste peu probable du fait de l’incapacité des endorphines à agir directement sur les centres cérébraux de la régulation de l’humeur" [4].

VRAI ou FAUX ?

L’augmentation de la température corporelle après l’activité physique est considérée comme responsable de la diminution de l’anxiété [5].

Vrai : "L’augmentation de la température corporelle grâce à des méthodes passives, [...]améliore le bien-être. [Ainsi] le sauna ou le bain chaud produisent également un effet bénéfique sur l'anxiété [6].

On retrouve d'ailleurs dans les cliniques de médecine psychosomatiques souvent des saunas et ce centres intègrent dans leur planning des bains chauds.

L'effet biochimique de l'activité physique

Nos neuro-médiateurs chimiques en action !

Selon Margarida Gaspar De Matos (1), Luis Calmeiro (2), David Da Fonseca(3) auteurs d'un article sur l'effet de l’activité physique sur l’anxiété et la dépression (4),"les bénéfices de l’activité physique seraient associés à une augmentation des neuromédiateurs chimiques cérébraux (par exemple : dopamine, norépinéfrine, sérotonine). Ainsi l’activité physique pourrait par ce processus diminuer la dépression qui est associée à un dérèglement des mono-amines cérébrales".

La dopamine

"La dopamine qui a également un rôle important dans le mouvement, [elle est en effet] augmentée par l’activité physique" [7].

"L’analyse de l’activité cérébrale confirme [d'ailleurs] cette augmentation du métabolisme de la dopamine pendant l’activité physique au niveau du mésencéphale, de l’hippocampe, des corps striés et de l’hypothalamus" [8].

La norépinefrine

"La norépinéfrine est le plus grand moduleur de l’activité neuronale du cerveau. Les réponses noradrénergiques [...] modulent les réponses physiologiques, comportementales et les adaptations au stress [9]. Une augmentation de la norépinéfrine et de son métabolite a été observée dans diverses régions du cerveau après une période d’exercice" [10].

La sérontonine

"La sérotonine (5-HT) est associée à la douleur, à la fatigue, à l’apathie, au sommeil et à l’activité corticostéroïde. L’activité des neurones producteurs de 5-HT est distribuée dans tout le système nerveux central, tels le thalamus, l’hypothalamus, l’amygdale, l’hippocampe et le cortex frontal."

"Des études sur des populations animales ont montré que 2 semaines d’exercice (mais pas 3 semaines) augmentaient le taux de 5-HT1A acide ribonucléique messager (mRNA) et diminuaient l’impuissance apprise" [11].

"Récemment, Dietrich [12] a formulé l’hypothèse de la « transient hypofrontality » comme autre mécanisme explicatif".

"Cette hypothèse est complémentaire de celles des neurotransmetteurs et se fonde sur l’idée selon laquelle le cerveau lutte pour avoir des ressources métaboliques et pouvoir traiter l’information."

"L’effet antidépresseur et anxiolytique de l’exercice [physique] est donc attribué à l’inhibition d’une activité neuronale excessive dans des régions préfrontales et dans l’amygdale.

La suractivation de ces zones [ au contraire, est] associée à des troubles mentaux".

L'effet psychologique de l'activité physique

La sensation de maîtrise

Selon Sacco et al. [43], "il est probable que l’effet de l’activité physique sur la dépression et l’anxiété soit le résultat d’une augmentation de la sensation de maîtrise et du sentiment d’efficacité [13].

Ces derniers ont conclu que ce sentiment avait un rôle médiateur

- entre la pratique de l’exercice et la dépression,

- et entre l’index de masse corporelle et la dépression chez des patients obèses."

L'amélioration de l'estime de soi

D'autres scientifiques tels que Ryan [14] suggère que "l’amélioration de l’estime de soi de même que l’amélioration de l’auto-efficacité sont suffisantes pour que l’activité physique ait des résultats antidépresseurs".

Un moment de pause dans la souffrance psychique

D’autres auteurs encore [15] considèrent que "le « time-out », qui correspond au temps de distraction ou au détournement de l’attention des signes de malaise physique ou psychologique serait à l’origine des bienfaits de l’activité physique sur l’anxiété et la dépression".

Estime de soi et relations sociales

"L’amélioration de l’image corporelle, de l’estime de soi et des relations sociales pourrait également expliquer ces effets bénéfiques de l’activité physique en particulier chez les personnes plus âgées, ou les adolescents [16]".

Un effet spécifique sur l''autoconcept (santé physique, image du corps, valorisation personnelle)

"Les effets de l’activité physique sur l’autoconcept semblent plus évidents quand les programmes ont au moins 6 mois. Probablement, une longue période garantit des changements physiologiques que les personnes perçoivent positivement.

Les activités en plein air et hors du contexte habituel semblent aussi plus efficaces [17], tout comme les activités aérobies ou, à court terme l’entraînement de force (par exemple lever des poids) [18].

Fox [18] a décrit des études qui ont démontré que l’activité physique améliorait divers aspects de l’autoconcept (santé physique, image du corps, valorisation personnelle), mais pas l’auto-estime globale, ayant donc un effet spécifique et pas un effet générique.

La possibilité de se sentir mieux du point de vue des limitations fonctionnelles, mène à une évaluation plus positive de soi et de la qualité de vie, chez les personnes âgées et à une augmentation de la perception de compétence personnelle chez des enfants [18]".

Où pratiquer de l'activité physique thérapeutique au Luxembourg ?

L'APGS asbl propose un programme d'activité physique et psychocorporelle thérapeutique au Luxembourg et bientôt à Metz. Ce programme est réservé aux personnes actuellement en situation de dépression légère à moyenne, burnout et troubles anxieux.

Ce programme vient en complément des soins médico-psychologiques dont la personne bénéficie à l'extérieur de l'asbl (en libéral, en hôpital de jour, en association spécialisée).

Encadré par du personnel spécifiquement formé (professeurs APA Universitaires), l'APGS asbl propose au travers du programme de Sport-santé "Résilience", six heures d'activité physique et psychocorporelle adaptée par semaine.

Pour en savoir plus....

APGS asbl est membre de Sport Santé - fédération des sports-santé du Luxembourg. A ce titre le programme de sport-santé "Résilience" de l'asbl est partiellement financé par le Ministère de la Santé du GD de Luxembourg. Ce programme est rendu possible grâce au soutien de la fondation Tremplin sous l'égide de la fondation du Luxembourg et d'Etika

Sources :

Article de référence - Extraits

La presse medicale - Effet de l’activité physique sur l’anxiété et la dépression (4) Margarida Gaspar De Matos (1), Luis Calmeiro (2), David Da Fonseca (3)

1. Psychologue, Faculté de Mouvement Humain, Université Tecnhique de Lisbonne, et Centre de Malaria et Maladies Tropicales, 1499 Lisbonne Cedex, Portugal

2. Division of sport and exercise sciences, University of Abertay Dundee, Dundee DD11HG, Royaume-Uni

3. Pédopsychiatrie, Hôpital Sainte-Marguerite, F-13274 Marseille Cedex 09, France

[4] O’Neal H, Dunn A, Martinsen E. Depression and Exercise. International Journal of Sport Psychology 2000;31:110-35.

[5] Koltyn KF. The thermogenic hypothesis. In: Morgan WP, editor. Physical activity and mental health. Philadelphia, PA: Taylor & Francis; 1997. p. 213-226.

[6] Raglin JS, Morgan WP. Influence of vigorous exercise on mood state. Behaviour Therapist 1985;8:179-83.

[7] Chaouloff F. Physical exercise and brainmonoamines: a review. Acta PhysiologicaScandinavica 1989;137:1-13.

[8] Davis JM, Bailey SP. Possible mechanisms ofcentral nervous system fatigue during exercise.Medicine and Science in Sports andExercise 1997;29:45-57.

[9] Soares J, Holmes PV, Renner KJ, Edwards GL,Bunnell BN, Dishman RK. Brain noradrenergicresponses to footshock after chronicactivity-wheel running. Behavioral Neuroscience1999;113:558-66.

[10] Dishman R. Brain monoamines, exercise andbehavioral stress: animal models. Medicineand Science in Sports and Exercise 1997;29:63-74.

[11] Greenwood BN, Flechner M. Exercise,learned helplessness, and the stress-resistantbrain. NeuroMolecular Medicine2008;10:1-18.

[12] Dietrich A. Transient hypofrontality as amechanism for the psychological effects ofexercise. Psychiatry Research 2006;145:79-83.

[13] Sacco WP, Wells KJ, Vaughan CA, Friedman A,Perez S, Matthew R. Depression in adultswith type 2 diabetes: The role of adherence,body mass index, and self-efficacy. HealthPsychology 2005;24:630-4.

[14] Ryan P. The antidepressant effects ofphysical activity: mediating self-esteemand self-efficacy mechanisms. Psychologyand Health 2008;23:279-307.

[15] Bahrke MS, Morgan WP. Anxiety reductionfollowing exercise and meditation. CognitiveTherapy & Research 1979;2:323-33.

[16] Calmeiro L, Matos MG. Psicologia doExercício e da Saúde. Lisboa: Visão eContextos- Omniserviços; 2004.

[17] Berger B, McInman A. Exercise and thequality of Life. In: Singer R, Murphy N,Tenent LK, editors. Handbook of research onsport psychology. New York: McMillan; 1993.p. 729-60.

[18] Fox K. The effects of exercise on selfperceptionsand self-esteem. In: Biddle S,Fox K, Boutcher S, editors. Physical activityand psychological well-being. London: Routledge;2000. p. 88-117.

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